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Quinze voitures anciennes, une trentaine de personnes et 3.000 kilomètres parcourus : le voyage au Portugal du Rétro restera dans les annales du club !

Au départ de l’idée de ce voyage, nous pensions intéresser une dizaine de personnes. A la surprise des organisateurs, l’idée trouva un écho très favorable, bouleversant nos habitudes de sorties qui s’étalent sur la journée ou rarement sur deux jours.
Au final des inscriptions, ceux sont 31 personnes et 15 voitures qui s’engagèrent à couvrir ce périple annoncé de 3.000 kms environ. Renault Dauphine, Simca 1100, Renault 12 break, Renault Fuego, Triumph Herald, Rover P6, Ford Capri, Citroën 2CV, Ford Orion, Citroën DS, Volkswagen Golf, Toyota Celica et Lancia Thesis, Renault Scenic. Une belle brochette de la production automobile.
Jacques De Sousa, à l’origine de cette belle aventure, et Pierre Bonconor seront les chevilles ouvrières pour la préparation des trajets, des hébergements et des activités sur place.
Le départ officiel est fixé le samedi 3 juin 2017 à la médiathèque de Tulle à 5 heures du matin. Un groupe de 5 voitures préfère partir le vendredi et faire une halte le soir à proximité de la frontière espagnole à Ciboure. Tout le groupe devant se reconstituer le samedi pour le déjeuner à la cafeteria du centre Leclerc d’Urugne.
Finalement, avec les aléas, le groupe se reconstituera à l’étape du samedi soir, l’hôtel « Las Lagunas » à Torquemada. Les réservations étant faites au préalable et après avoir récupéré les clefs de nos chambres, nous avons partagé un repas copieusement arrosé de vin local. Jacques, avait déjà eu une journée très arrosée en devant changer son alternateur sous une pluie battante.

Dimanche 4 juin : Amarante

Après un peu de mécanique matinale sur le parking, la vérification des niveaux et les pleins de carburant effectués, nous prenons la direction du Portugal et d’Amarante, but et lieu de notre séjour.
Vers 17 heures, après avoir solutionné le déchargement des bagages, récupéré les clefs des chambres, et stationné les véhicules sur le parking de l’hôtel, nous pouvons débuter nos vacances... et quelles vacances !!
Infatigables, pendant que nous reprenions notre souffle, Jacques et Jérôme nous trouveront notre restaurant du soir. Pas facile pour 31 personnes surtout que c’est la fête à Amarante avec ses rues noires de monde. Nous nous souviendrons tous de ce premier repas : ambiance, convivialité, vino verdé bien frais, repas pantagruélique, et des éclats de rire jusqu’à une heure avancée de la nuit sur le vieux pont de pierres. Kiki ! Ton rire communicatif résonne encore à nos oreilles, certains pleuraient .... Pas de tristesse.

Lundi 5 juin : Lousada

Départ vers 9 heures pour le marché de Felgueiras. Riche en couleurs, avec ces marchands des quatre saisons et tous les forains qui proposent des ustensiles de cuisine aux vêtements et chaussures. Beaucoup vont acheter des fruits, le prix sans aucune commune mesure à la France. Un peu de charcuterie, les saucissons....humm.
Déjeuner dans le « Restaurante Somhos de Paris » à Serrinha qui accueillera le groupe plusieurs fois durant le séjour. Les tomates, la salade, les oignons, tout à volonté et ces poissons, cette morue, et ce Vino Verdé... pour un prix incroyable.
L’après-midi est consacré à un passage à Lousada, ville jumelée avec Tulle ou nous prendrons un verre dans la rue de Tulle.
Retour sur Amarante. Afin d’éviter le déplacement en convoi vers la gare de Pénafiel où nous devions initialement prendre le train le lendemain pour Porto, avec Pierre, nous partons en éclaireurs à la gare routière d’Amarante pour organiser notre balade en bus, celle-ci se trouvant à 200 m de l’hôtel. Sage décision car, à l’improviste, 31 personnes qui veulent un billet allée retour pour Porto bouleversent un peu la société de transport mais tout s’arrange bien au final.
Le soir, nous nous disperserons un peu dans Amarante en petit groupes pour le diner. Certains feront Taverne longue.

Mardi 6 juin : Porto

8 h 30 à la gare routière, pas un retardataire. Environ 40 minutes de voyage pour nous retrouver pratiquement au centre de Porto en toute tranquillité. Il aurait été impossible de faire le même déplacement avec les voitures. La circulation, la chaleur, le monde, et le stationnement auraient anéanti la journée.
Nous nous rendons en 1er lieu à la gare de Porto, admirable par son architecture et son décor. De là, nous utilisons les « Yellow bus » pour un 1er circuit découverte de deux heures. Très bonne solution pour se faire une idée de cette ville. Merci au personnel de la compagnie qui nous facilite notre balade par son aide pour les billets. Vous pouvez avec ce « pass » descendre et remonter dans le bus pour visiter la ville à votre guise.
Nous déjeunerons en différents groupes dans Porto. L’après-midi, certains feront le 2ème tour qui fait découvrir Porto intra-muros ; d’autres se promèneront à la découverte de cette belle ville. Le café Majestic, la librairie de Lello et Irmaö...
Le regroupement se fait à 18 h 30 à la station de bus du matin, tout le monde est présent à l’appel, bien fatigué de cette superbe journée. Des projets circulent déjà dans la tête de certains pour revenir découvrir cette belle ville.
Soirée à Amarante. Un peu épuisé par la chaleur et la journée à déambuler dans Porto, le petit restaurant à côté de l’hôtel sera notre étape de la soirée. Une grande salade mixte arrosée de Vino Verdé et d’eau pour les plus sérieux pour 4 €. Et si cela ne suffisait pas, la faim nous tenaillant l’estomac comme vous pouvez l’imaginer, cette baraque de confiseur sur la place avec sa charmante commerçante. Nous avons succombé au « chichi ». Nous avons commencé par la portion du client normal, nous avons terminé par l’achat de la fabrication totale ! Deux grandes poches complètes, que nous avons restituées par souci écologique à la fin de notre dégustation. Oui ! Je confirme, nous sommes des goinfres.

Mercredi 7 juin : Bom Jesus

Journée en voiture à la découverte Penha, Guimaraes (berceau de la patrie), Bom Jésus, Braga.
Après une longue ascension sur des routes de campagne, nous arrivons au sanctuaire de Penha. Un lieu magnifique avec ces rochers, son sanctuaire, son immense parc.
Nous prenons de là le téléphérique qui nous fait plonger sur Guimaraes, une chaleur torride commence à monter. Il est l’heure du déjeuner et sur un conseil avisé, nous nous retrouvons dans un restaurant qui restera gravé à jamais dans nos souvenirs. Comment avons-nous fait pour tout manger ? Les poissons, la viande, les fruits, le vin.... Et cela pour 12 €.
Après le déjeuner, avec courage, nous nous faufilons au travers des ruelles jusqu’à la citadelle. La chaleur, l’heure avançant, la visite de Guimaraes aurait demandé plus de temps et un guide pour nous permettre d’appréhender l’histoire du lieu. Partie remise.
Nous regagnons le téléphérique et nos voiture en direction de Bom Jésus.
Autre sanctuaire sur une colline, nous choisissons d’accéder à celui-ci en empruntant le funiculaire qui date des années 1900. Certains choisiront de faire l’aller retour par ce moyen, d’autres rejoindront les voitures en empruntant l‘escalier du chemin de croix.
Nous aurons la surprise de rencontrer l’AQVA de Cahors, en voyage comme nous, sur une période plus longue avec différentes étapes représentant environ 5.000 km. Ils étaient sur le retour.
La chaleur a éprouvé les gens et les voitures sur le retour mais nous trouverons un réconfort autour du repas spécial grillades et le Vino Verdé. Ce sera l’occasion à Jacques de retrouvailles avec un de ses frères qui partagera notre repas.

Jeudi 8 juin : le Douro

Journée consacrée à une balade à la découverte de la vallée du Douro. Nous empruntons des routes typiques et sinueuses du Portugal. Cela grimpe et descend. Nous découvrons les paysages qui peuvent rappeler certains coins de France. Nous pouvons que constater à nouveau, après notre balade à Porto en car, la maîtrise et la dextérité des chauffeurs de bus portugais sur ces parcours sinueux et étroits.
La halte prévue pour s’approvisionner en porto se concrétise sur les hauteurs où nous surplombant des vignes à perte de vue au milieu desquelles s’écoule le Douro. Nous sommes chez un petit producteur connu de Jacques. Il nous reçoit dans sa cave pittoresque ou le porto bien frais étanche les gorges sèchent. La dégustation dure le temps nécessaire pour permettre à tous de faire le choix du breuvage à rapatrier à Tulle. Le chien de la maison aboyant à qui mieux mieux nécessitera l’intervention intimidante de la maîtresse des lieux, avec un gourdin, pour obtenir le silence. Nous ne savons pas si les aboiements de celui-ci reflétaient une envie de jouer ou de goûter un peu de chair fraîche française.
Sur le retour, nous déjeunerons à nouveau à Serrinha, ce restaurant à vraiment marqué nos esprits à tous les points de vue. L’après-midi sera consacrée à la visite du petit musée automobile de Fafe fort sympathique.
Ce musée regroupe une trentaine de véhicules appartenant à des particuliers. Il doit prochainement déménager pour un local plus grand car les collectionneurs locaux sont demandeurs pour exposer. Dans les faits, ils sont dispensés des contraintes administratives comme le contrôle technique.
Retour à Amarante en fin d’après-midi pour se poser un peu pour certains, et faire les fous dans la piscine pour les autres. Le plongeon de l’ange Jérôme au travers de la bouée restera dans nos souvenirs. La dégustation du Mojïto taille XXL sur le transat ne fut pas un mauvais moment non-plus.

Vendredi 9 juin : Espinho

Tous à l’océan, direction Espinho, pour découvrir un village de pécheurs et sa grande plage. La balade sur la jetée du port ou Jérôme nous a fait la peur du voyage, heureusement sans conséquence. La dégustation des « Pousse-Pied » fraichement cuisinés par la patronne du bistrot.
La visite de la petite chapelle en bordure de la plage, du musée de la pêche installé dans l’ancienne conserverie de sardines devenu également le centre administratif de la ville, heureusement pour moi, libéré par un employé, car le gardien du musée parti déjeuner m’enferma dedans.
Ce restaurant, conseillé par les pécheurs, où nous avons mangé des poissons et des sardines grillées dont nos papilles se rappellent encore.
Retour sur Amarante pour la dernière soirée.

Samedi 10 juin : le retour

Un 1er groupe guidée par Jacques quitte Amarante vers 6 heures en empruntant la vallée du Douro afin d’éviter les côtes importantes de l’autoroute.
Le 2ème groupe, après une visite au marché d’Amarante, démarrera vers 10 heures, en empruntant l’autoroute. Le but étant de se rapprocher au maximum de la France pour l’étape du soir. Ce sera Irun avec son hôtel introuvable et des basques espagnols pas sympathiques pour un sou. Aurélien et Aurore rentreront finalement directement et seront vers 3 heures du matin le dimanche à Tulle. Marc fera étape à Bidart et Jean-Pierre à Urugne.
Le 1er groupe, suite aux aléas de la route, la chaleur, la panne de Francis fera étape à Torquemada, à l’hôtel de l’allée. Dimanche verra tout le monde arriver à destination, avec des horaires différents, avec des souvenirs énormes !!

Les Anecdotes...

Cette Simca 1100 et son alternateur obligeant Jacques à son remplacement sous une pluie battante. Nous assisterons sur le parking de l’hôtel à une intervention rapide de réparation et d’échange par des gens compétents. Une leçon de mécanique et de débrouille.
Cette Dauphine capricieuse, partie en 6 volts de Tulle avec une dynamo ou un régulateur parfois aux abonnés absents, grimpant les cotes à l’allure d’une championne, les descendant bille en tête, son équipage toujours optimiste. Après un examen dans un établissement portugais sans résultat, elle reviendra en 12 volts suite à l’intervention des magiciens de la mécanique. Capricieuse, oui ! Elle se paiera même le luxe de se faire faire l’échange de son pignon de distribution sur le parking de l’hôtel. Elle reviendra avec une forme olympique à dire des suiveurs. Serait-ce le climat portugais ? Certainement l’enthousiasme communicatif de son équipage, des soigneurs et des supporters.
Cette Fuego, avec son Cléon d’un fonctionnement digne d’une horloge suisse. Son Jérôme aux petits soins pour elle, poussant le visse à contrôler si le niveau d’huile de sa belle n’avait pas varié dans la journée sur le parking de l’hôtel à l’arrêt. A-t-elle voulu faire plaisir à son propriétaire en lui restituant cette complicité ou montrer à son élégante passagère ses atouts ?
Cette Triumph à la courroie sauvage. Celle-ci décidant sur le bord de l’autoroute de quitter ses entraves. Réparation improbable avec une cordelette pour quitter l’autoroute. Attente de la dépanneuse. Allée et retour de Jacques pour organiser le sauvetage. Finalement elle rejoindra le groupe à l’hôtel et regagnera la France sans autre souci.
Ces 2CV, vaillantes à l’effort, ne rechignant jamais dans les côtes, leurs équipages à l’enthousiasme communicatif.
Cette Golf, qui au fur et à mesure se disloquait. La course du sélecteur de vitesse prenant des proportions démesurées jusqu’à ne plus pouvoir trouver la 1ère. , Aurélien remercie Mecatechnics pour leurs refabrications de mer.... Le pot d’échappement qui tombe, les comodos d’éclairage qui se dévissent. Une grosse révision et cela repartira.
Cette Orion, à la sonde de température passée à la postérité en pleine chaleur après 15 ans de repos. Elle-même, consommant sa dernière goutte d’essence devant le seul poste à essence depuis notre départ d’Amarante.
Et finalement, merci ! Un grand merci ! À tout le groupe pour ces superbes moments et cette aventure. Merci au « quatre » : Jacques, José, Firmin, Séraphin qui nous ont guidé, aidé, facilité notre voyage grâce à leur dévouement et à la langue natale qui a souvent simplifié nos activités.
Encore une fois merci Jacques d’avoir bien voulu nous faire découvrir ton pays de cette façon, c’était une tâche ardue et loin d’être gagnée d’avance. Et si cette balade n’était qu’un début... ?


Yves